Je m'ennui du temps où m'amuser n'était pas une corvée.
Je me souviens encore de cet été chez moi, dans ma ville natale. Nos rirent emplissaient la maison de joie. Nous ne faisions que nous taquiner. Nous ? Mon frère aîné et moi. Il s'appelait Matt, il est mort dans un accident de voiture il y a tout juste 3 ans. Il était de 2 ans mon aîné, ce n'était pas seulement mon frère. C'était bien plus que çà, pour moi c'était un confident. Mais il m'a laissée depuis trois longues années.
Ma tête cogne. Je me lève avec difficulté de mon lit, encore habillée de la veille. J'ai trop abusé, je n'ai aucuns souvenirs bien précis de cette soirée. Si ce n'est Gustav. J'étais réellement dans un piteux état. Je me dégoûte lorsque je suis ainsi ... Oublier mais à quels prix ? J'attrape une cigarette posée sur mon bureau, et l'allume. Mon studio est bien vide, silencieux. Seule ma respiration régulière se fait entendre. Je consume peu à peu ma cigarette, et peu à peu le mal de tête s'estompe. Je me lève précipitamment de mon lit, peut être trop précipitamment, la tête me tourne, et une envie de vomir me remonte. J'inspire un bon coup et me dirige dans la salle de bain, le temps pour moi de me préparer pour mon entretien.
[ 13heures Restaurant ]
Je me dirige non chaleureusement à l'intérieur de ce restaurant où peu de monde sont installés. Je me lance à la poursuite de ce -fameux- groupe, mais en vingt. Personne. Je demande alors au gérant du restaurant, ce dernier me conduit dans une salle V.I.P.
J'aperçois déjà de dos deux adolescents, un blond aux cheveux courts et un aux cheveux ébouriffés. Le style qui tu. Je me ressaisis, et jette toutes ces ondes négatives.
« -Bonjour, dis-je aux plus âgé sans doute le manager
-Enchanté, je suis David le manager, voici Bill Tom Georg et Gustav ...
-Salut, dis-je à l'attention du groupe, sans trop faire attention à quoi que ce soit »
Ils me dévisagent tous. Je me sens légèrement gênée, je remarque que Bill n'est pas plus content que moi d'être là. Mais lui au moins n'a pas besoin de faire çà pour l'argent. Pour sauver sa vie en quelques sortes. David commande quelques boissons rafraîchissantes. Il parle très bien le français, ce que j'approuve. Mais je dois dire que l'allemand pour moi est une langue que je connais, lorsque l'on travail dans le domaine du journal, on se doit d'être quadrilingue. Je souris bêtement lorsque Tom essai de parler français.
« -Je parle Allemand, dis-je en riant
-Cela va faciliter le dialogue alors ..., prononce une voie que je connais
-Gustav n'a pas tord, affirme Tom
-Gustav ? Tu es le Gustav d'hier ?
-Exact tu as l'air d'avoir meilleure mine qu'hier ?
-Oui merci ... Si nous pouvions éviter le sujet, dis-je honteuse repensant à ma soirée désastreuse
-Tu nous raconteras vieux, dit le prénommé Georg qui n'avait pas encore prononcer un mot
-Bill ? Dis-je à l'intéressé »
Le dialogue risque d'être beaucoup plus difficile que ce que je croyais. Bill ne prononce aucun mot, et ne daigne vouloir me donner qu'un regard. Nos regards se croisent. Un regard troublant, des yeux brillants. C'est vrai que si il est homosexuel, il ne doit pas apprécier ce jeux que nous devons jouer tout les deux. Ses yeux amandes restent plantés dans les miens, des yeux maquillés. J'aime beaucoup. Des frissons parcourent mon corps; un regard vaut bien 100 mots. David reprend la parole brisant le charme, je détourne la tête vers mon interlocuteur.
« -Très bien, que décides-tu alors ? Demande-t-il à mon intérêt
-J'accepte ... souriais-je faussement
-En route pour l'Allemagne dans ce cas »
Je quitte le groupe afin de préparer mes vêtements, je ne sais pas vraiment la durée de ce petit jeux -stupide-, mais je prend tout de même de quoi me changer durant trois semaines. Après un premier entretien avec le groupe, je dirais qu'ils ont tous quelques choses de bien particuliers qui les caractérisent. Georg semble être le plus timide et réservé, Tom lui semble être le farceur de la bande, il faut que je me méfis de lui je pourrais vite tomber dans son piège, Gustav lui me paraît être le plus posé, et Bill lui je n'ai pas arrivé à le cerner -totalement-. Il semble -tellement- teigneux, et il semble avoir un fort caractère. Comme si il cachait quelque chose. Pourtant d'après ce que m'a dit Olivia, Bill serait un garçon relativement gentil, peut-être se conduit-il ainsi parce que je suis une fille ?
C'est avec cette question que je rentre dans mon studio. Je sors ma valise, et jette à l'intérieur quelque uns de mes vêtements. Quelques paires de chaussures. Je prend ce qui est le plus chic à mes yeux, après tout je vais sortir avec Bill Kaulitz, adolescent adulé par des millions de jeunes filles.
Je ferme à double tours, et part en direction de l'aéroport.
La solitude peut être une forme de compagnie
[ Allemagne . Maison des Kaulitz ]
Les garçons sont très à l'aise avec moi, à part Bill qui reste distant. Je ne demande pas plus, il viendra seul, je n'en doute pas. Je rentre dans une belle et grande maison, je reste éblouie par la taille des pièces. C'est un vrai royaume, ils ne savent pas la chance qu'ils ont. Je dépose mes bagages au sol, et fait moi-même le tour du propriétaire.
« -Suis moi je vais te montrer ta chambre, m'interpelle Gustav »
Je le suis, prend les escaliers toujours avec ce même sourire béa sur les lèvres. Je dois paraître idiote ainsi, après tout eux sont habitués à tout cet or, qui est devenu leur quotidien. Je redescend sur Terre une fois arrivée devant ma chambre. Cette pièce est magnifique, et indescriptible. Je pose immédiatement mes valises sur mon lit, je les jette à vrai dire. Et m'empresse d'ouvrir la fenêtre qui mène à un balcon. Je me sens déjà chez moi. Gustav sourit dans mon dos. Je suis stupide, mais j'aime.
« -Tu sais il n'a pas toujours été comme çà ... me dit Gustav
-De qui parles-tu ? Lui répondis-je en me retournant
-De Bill ... depuis peu de temps, il se renferme sur lui-même, c'est le revers de la célébrité
-Je .. Je n'en doute pas
-Donc ne fait pas attention à sa mauvaise humeur, tu n'y est pour être, me rassura-t-il»
Il sourit après cette petite conversation. Je fais de nouveau face au paysage que donne le balcon. Tellement indescriptible, je ne trouve pas les mots pour le qualifier, c'est à la fois magique et doux. Fluide & pétillant. J'attrape une cigarette. Mon bonheur est enfin complet.
On toque à ma porte, je ne réponds pas, après tout ils sont chez eux ...
Je sens une présence derrière moi, je ne doute pas, et sait que c'est Bill. Je me retourne, cigarette à la bouche. Je le regarde niaisement.
« -Désolé d'avoir été si froid envers toi ...
-Ce n'est rien
-Il faut que tu comprennes qu'on m'a imposé ce choix pour l'avenir du groupe. Je sais c'est bête, mais j'aurais voulu trouver LA fille ...
-Comment çà la fille, tu n'es pas homosexuel ? Demandai-je gênée
-Je ne suis pas homosexuel, ria-t-il, il ne faut pas croire se qu'on raconte
-Je suis gênée et terriblement honteuse, excuse moi ...
-Ce n'est rien »
Il sourit de toutes ses dents. Un magnifique sourire, alors que moi le rouge me vient au teint.
« -Tu en veux une ? Lui tendant le paquet de Marlboro Light
-Merci, il accepte et l'allume à sa bouche
-Gustav m'a parlé de toi, du revers de la célébrité ..
-Comment çà, m'interompt-il
-Tu te renfermes sur toi-même, tu es désagréable ...
-Ce n'est rien d'autre que la solitude, dit-il sèchement »
Je ne demande pas plus de renseignements. Je sais qu'il ment, je sens qu'il ne dit pas tout, mais je suis encore une inconnue à ses yeux. On reste silencieux, face à cet étendue bleuâtre qui se donne du balcon. Le silence est paisible. Nous nous regardons parfois, mais pas un seul mot. Nous partageons juste ces quelques minutes. Rien d'autre.